Les origines de l'horloge mécanique


Les premières horloges mécaniques ont été vraisemblablement réalisées au début du XIV ème siècle, en France, dans les flandres, l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre, la Bourgogne.

Elles ont été réalisées pour donner l'heure aux gens d'églises. Au départ elles étaient l'apanage des riches communautés religieuses, des rois, des princes et des villes commerçantes.

Les premières horloges d'édifices avaient un volume de plusieurs mètres cubes. Elles étaient fabriquées par les mêmes artisans, forgerons et serruriers, que les premières horloges d'appartement. Elles avaient deux roues et un échappement à foliot, une seule aiguille et marchaient seulement six heures par la descente d'un poids moteur. Ces premières horloges étaient d'un fonctionnement plutôt capricieux.

Horloge d'édifice milieu du XVIII ème siècle D'après l'ouvrage de René Schoppig "L' horloge Française à poids "  

En 1657, Christian Huygens réalisa la première application pratique de la découverte de Galilée ( fin du XVI ème siècle ) sur les lois du pendule, ou" *isochronisme des oscillations pendulaires ". Le foliot et le balancier annulaire n'avaient pas une période propre et c'était l'échappement qui en réalité assurait l'aller et le retour du foliot .Le pendule a une période indépendante. Voici une anecdote, mais rien ne prouve qu'elle soit vraie.

"A dix-neuf ans, dans l'église de Pise, debout dans son pourpoint de velours, son petit nez criblé de taches de son, levé vers une lampe qui pend de la voûte, Galilée semble distrait: par moments les portes claquent et la lampe se balance au bout de sa chaîne, parfois un peu largement, parfois très faiblement. C'est curieux! il semble à Galilée que les oscillations durent toujours le même temps. Décidément, il n'écoute pas un mot du sermon. Une deux, une deux, il mesure le temps aux battements de son pouls( les montres alors étaient rares....)."

  

 

Le premier système d'échappement à ancre est dû au docteur Hook, de Londres. C'est le plus communément employé dans les horloges comtoises car il accepte des balanciers plus volumineux.

Les horloges devenant de plus précises , à mesure que l'horlogerie mécanique se vulgarisait, on apercevait des défauts. Le problème de la compensation aux températures sollicita rapidement l'attention des horlogers. La tige de métal soutenant la lentille du pendule était sujette à toutes les variations de la température extérieure, s'allongeant ou s'accourcissant suivant le degré de chaleur de l'air et modifiant ainsi la durée et l'amplitude des oscillations et le mouvement des aiguilles .Le célèbre horloger anglais, Graham fut le premier qui proposa un système de compensation .

Voila comment, au début du XVIII ème siècle, les Jurassiens utilisèrent et mirent à profit tous ces progrès consécutifs et créèrent l'horloge comtoise. Elle était en fait une copie, en miniature, de ces horloges d'édifice. Après quelques perfectionnement, quelques précisions apportées jusqu'en 1830 environ le mécanisme de la comtoise ne bougea plus jusqu'au début de notre siècle(1920 environ).

 

 

 

Schéma " Alpha Juniors " Vol 1

 * Isochronisme: Du grec i sos , " égal " et kro nos , " temps" = " temps égaux "

 

 

 Voici la définition de horloge extraite du Littré :

 

HORLOGE (or-lo-j'), s. f.

Instrument destiné à marquer les heures. Horloge solaire, cadran solaire. On disait aussi : horloge au soleil.

Instrument qui marque les heures à l'aide de l'eau ou du sable.

Horloge de sable, voy. SABLIER. Horloge d'eau, ou horloge à eau, voy. CLEPSYDRE. Terme de marine. Sablier qui vide une de ses bouteilles dans l'espace d'une demi-heure ; et, par suite, l'espace d'une demi-heure.

Machine destinée à marquer et à sonner les heures, et servant à un usage public. L'horloge du palais vint à frapper onze heures, RÉGNIER, Sat. VIII. Quand les animaux montrent dans leurs actions tant d'industrie, saint Thomas a raison de les comparer à des horloges et aux autres machines ingénieuses, BOSSUET Connaiss. V, 2. Ou le temps qui s'enfuit une horloge à la main, BOILEAU Art p. III. Le présent que le calife Aaroun-al-Raschid fit à Charlemagne d'une horloge sonnante fut regardé comme une merveille, VOLT. Moeurs, 19.

Fig. Les athées n'ont jamais répondu à cette difficulté qu'une horloge [le monde] prouve un horloger [Dieu], VOLT. Lett. la Villevieille, 26 août 1768.

Monter, remonter une horloge, en bander les ressorts ou en hausser les poids.

Démonter une horloge, en désassembler les pièces.

Régler une horloge, la mettre à l'heure d'après le soleil.

Il est réglé comme une horloge, c'est une horloge, il est régulier dans ses habitudes

Familièrement. Une heure d'horloge, une heure complète, mesurée sur une horloge, une grande heure. Je vous ai attendu une heure d'horloge.

Horloge marine, voy. MONTRE MARINE.

Horloge de Flore, plantes rangées par ordre et qui indiquent par leur ouverture et leur clôture successives l'heure qu'il est. Les convolvulus s'ouvrent le matin et se ferment le soir ; les mauves ne s'ouvrent que vers les dix à onze heures du matin : la belle de nuit, les géranions tristes, etc. ne s'ouvrent que le soir ; c'est ce qui a fait imaginer au Pline de la Suède [Linné] son ingénieuse horloge botanique, BONNET, Contempl. nat. X, 31.

Terme d'astronomie. Constellation méridionale.

Horloge de la mort, nom populaire d'un insecte qui, rongeant le bois, fait entendre un bruit semblable à celui du mouvement d'une montre, et qui est un anobion (coléoptères), particulièrement l'anobion marqueté, nommé vrillette commune par certains auteurs (LEGOARANT).

PROVERBES :

C'est l'horloge du palais, elle va comme il lui plaît.

Il demande quelle heure il est quand l'horloge commence à sonner, se dit d'un impatient.

Il n'est jamais tard à son horloge, se dit d'un paresseux, d'un homme lent à tout ce qu'il fait.

HISTORIQUE :

XIIe s. E li prophetes li respundi : Jo te frai demunstrance ; e il i out uns oriloges par unt l'um veist cume l'ure del jur veneit, e quant ele passeit, Rois, p. 17.

XIIIe s. Durement furent esbahi Qu'il n'orent oï sonner cloche Ne champenelle ne reloge, RUTEB. 315. Et refait sonner ses orloges Par ses sales et par ses loges, à roes trop sotivement De pardurable mouvement, la Rose, 21289. Ki velt faire le [la] maizon d'une ierloge vesent [voient] ci une que jo vi une fois, DE LABORDE, Émaux, p. 414.

XIVe s. Cestuy maistre Jehan des orloges a fait de son temps grandes oeuvres, entre lesquels oeuvres il a fait un instrument, par aucuns appelé sphere, ou orloge du mouvement du ciel : auquel instrument sont tous les mouvements des signes et des planetes - et est faite si soubtilement cette sphere que, nonobstant la multitude des roes, qui ne se pourroient nombrer bonnement sans defaire l'instrument, tout le mouvement d'icelle est gouverné par un tout seul contre-poids, DE LABORDE, Émaux, p. 414. Un reloge d'argent tout entierement, sans fer, qui fut du roy Phelippe le Bel avec deux contrepoix d'argent emplis de plom, ID. ib. p. 415. Puis qu'ainsi la ville me loge Sur ce pont pour servir d'auloge, Je feray les heures ouïr Pour le commun peuple esjouir, Inscription du gros horloge de Caen, 1314, dans LE HÉRICHER, Hist. et gloss. du normand, II, p. 406. Pour faire sablon à mettre à horloges, Ménagier, II, 5.

XVe s. Louis Carel, maistre faiseur de mouvemens d'orloige, DE LABORDE, Émaux, p. 416.

XVIe s. Le soir, environ la troisieme horloge [demi-heure] du second quart, le vent changea, J. PARMENTIER, Journ. de voyage, dans JAL. ....à quoi ils ne faillirent d'une seule minute d'horloge, DESPER. Cont. CXXVIII. Il n'est horloge plus juste que le ventre, COTGRAVE. Horloge entretenir, jeune femme à son gré servir, vieille maison à réparer, c'est toujours à recommencer, LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 305. S'accorder comme des horloges, ID. ib. p. 414.

ÉTYMOLOGIE :

Berry, reloge, r'loge, s. m. ; bourguig. reloge ; du lat. horologium, qui vient du grec, heure, et, indication, (voy. LOGIQUE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE :

HORLOGE. Ajoutez : - REM. Au XVIIe siècle on a dit quelquefois horologe. Pour les jeux de hasard, Antoine Raffle on nomme ; Pour faire une horologe, on nomme le Ralleur, M. DE MAROLLES, le Livre des peintres, etc. Paris, 1865, p. 61.