La naissance de l'horloge comtoise

 


 

 

 "Il était une fois, vers 1660, d'après une tradition de famille non contestée, le gardien du couvent des Capucins de Saint -Claude, étant à Morbier, demanda au curé si parmi les ouvriers du pays, il ne s'en trouverai pas un capable de réparer l'horloge de son couvent qui était dérangée. Le curé le conduisit chez un forgeron nommé Mayet, qui passait pour un ouvrier très habile. Celui-ci répondit qu'il fallait voir la pièce. Construite en bois, vieille et usée, elle ne pouvait plus se réparer. Mayet la copia parfaitement et en fit une semblable en fer qu'il reussit. Elle était comme l'original à heures et à demies, et elle marchait au moyen d'un ressort spiral.

Le succès l'enhardit assez pour faire d'autres horloges sur ce modèle. Secondé par ses frères, il livra bientôt au public un grand nombre de pièces de sa fabrication et créa ainsi dans son pays, une industrie qui n'a cessé de l'enrichir.

Alors point d'outils expéditifs, tout se faisait au compas pour la division des roues et des pignons ce qui rendait la fabrication longue et d'un grand prix, quoique grossière. De telles horloges étaient informes, massives, sans ornement. Un simple cercle de laiton faisait office de cadran. Cependant, dès l'année 1647, Huygens, astronome Hollandais avait fait aux horloges l'application du pendule que Galilée avait le premier employé dans ses observations astronomiques ( 1595 ). Mais cette découverte ne pénetra qu'en 1675 dans les montagnes du Jura. A cette époque les frères Mayet, ayant eu connaissance de ce perfectionnement, essayèrent de faire et firent une horloge avec un pendule, mais lorsqu'elle fut achevée ils ne parvinrent pas à la faire marcher. Ils étaient même sur le point de la mettre de côté, lorqu'ils apprirent qu'un bourgeois de Genève en possédait une avec la modification apportée par Huygens. L'un d'eux s'y rendit aussitôt afin de se faire montrer la manière de la mettre en mouvement. A son retour apercevant ses frères qui l'attendaient sur le seuil de la maison, il leur cria: " Ambrayez-la ", c'est à dire, mettez-la en marche. L'impulsion donnée, l'horloge marcha à la grande satisfaction des frères Mayet, fort surpris de n'avoir pas songé à faire osciller le pendule ".