Les chromolithographies


Il n'est pas rare de trouver des chromolithographies collées sur le grand plateau du bas des horloges comtoises. Il s'agit d' images imprimées, très populaires entre 1840 et 1920.

Le mot chromolithographie vient du grec Krôma "couleur", lithos "pierre" et de graphein "écrire". La technique consiste en l'impression d'images en couleurs superposées. On emploie la même méthode que la lithographie mais en utilisant une pierre différente pour chaque couleur.

C'est la réclame qui utilisera de manière intensive ce procédé d'impression. La révolution industrielle aidant, vers 1850, les grands magasins, dont le Bon Marché, La Samaritaine, le Printemps utilisent les chromos comme support publicitaire. Aristide Boucicaut, par exemple, un précurseur en ce domaine, fondateur du magasin " Au bon marché " propose à sa clientèle des images souvent éditées par série de six, et renouvelées chaque semaine.

Ces images deviennent populaires et connaissent un vrai engouement car elles sont le résultat d'un mariage réussi entre l'art et l'industrie, entre l'artisanat d'art et la fabrication en série. Leur succès est aussi le résultat d'une démocratisation de l'image. En effet, la photographie en cette période est inconnue, le premier appareil de petit format, le "Leica" n'apparait qu'en 1924. Mais c'est l'impression offset, développée dans les années 1920 qui sonne le glas de la chromolithographie.

Les scènes de la vie, les paysages, la vie aux champs sont les représentations les plus fréquentes sur les gaines d'horloges comtoises anciennes. En parcourant ces images, on replonge dans le 19 ème siècle et dans les moeurs qui avaient cours à cette période. Le bucolisme des images rappelle une période ou encore plus de 80 % de la population française habitait dans les campagnes.

Les jurassiens utilisaient des vignettes plates ou rectangulaire. Ils redécoupaient parfois ces images pour en faire des ovales dans le sens de la hauteur ou de la largeur. Les chromos estampé ou gaufrés n'étaient jamais utilisés par les artisans-paysans du Jura.

Le nettoyage et la restauration de ces chromos, sur les horloges comtoises est une tâche problématique. Si la gaine de l'horloge n'a pas été bricolée, la crasse et les vieilles cires se sont déposés sur le verni d'origine qui protégeait le décor. Le verni aura, dans ce cas, fait écran de protection. En adoptant la technique ad' hoc, on peut retirer miraculeusement le verni avec les vieilles cire, la crasse qui l'accompagne sans atteindre à l'intégrité de l'image.

Malheureusement la restauration de ces chromos requière la plupart du temps beaucoup de vigilance et de savoir faire.